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RENCONTRE NATIONALE
LE 17 ET 18 JANVIER 2008
CITE DES ASSOCIATIONS - MARSEILLE
EXTRAIT DU DISCOURS : NOTRE POSITION, NOTRE VOIX
DES DROITS LEGITIMES POUR UNE LOI INDIGNE
PARI-T désire tout d’abord faire la différence entre la traite d’êtres humains, le proxénétisme et la liberté que chacune et chacun a de disposer de son corps. Considérant cette activité à ce moment là comme un acte professionnel, individuel et responsable, non une déviance répréhensible.
Il est vrai que tout acte de proxénétisme et de traite d’êtres humains se doivent d’être combattu avec la plus grande ferveur. Nous nous devons d’assister et protéger chaque personne désirant mettre un terme à une vie de servitude.
Mais notre devoir est aussi de comprendre et soutenir chacune d’entre elles ayant fait le choix de la prostitution comme métier.
Depuis le 18 mars 2003, et sous l’œil inquiet du monde associatif, un texte de loi répressif et discriminant a vu le jour et bouleversé un environnement déjà précaire et sensible. Une loi réprimant de manière aveugle prostituées et clients, agitant le drapeau de la chasse au proxénète pour toute justification.
La loi n° 2003-239 article 18 sur la sécurité intérieure et contre le racolage passif eu des conséquences dramatiques, surtout en ce qui concerne les transgenres prostituées, migrantes sans papiers pour certaines, cumulant les éléments d’exclusion. Elles se trouvent sans protection ni programme minimum d’insertion sociale.
Nous nous devons aussi de développer un projet d’aide aux personnes transgenres au sein des prisons. Particulièrement en ce qui concerne les travaux d’intérêt généraux, dans un but de réinsertion. Il n’y a pas actuellement de structure adéquate et personnel qualifié pour pouvoir orienter et placer cette population dans un cadre professionnel adapté.
De plus, face à un quotidien hypocrite, cette communauté reste le plus souvent rejetée par employeurs, administrations et propriétaires, par peur, transphobie ou simplement manque de compréhension. Notre pays considérant hélas la transsexualité comme une maladie mentale nécessitant des soins psychologiques et non comme un choix de vie, de genre, nécessitant une plus grande ouverture d’esprit.
Sans ce manque d’opportunités professionnelles autant que personnelles, ces personnes sont obligées de retourner sur le trottoir pour pouvoir survivre, dans un environnement rendu plus difficile et agressif qu’il ne l’était déjà avant.
Une population qui continue donc à se prostituer, de plus en plus cachée, dans des lieux de non droit ou sur internet. Elle ne fait que se déplacer, se transformer, se dissimuler d’avantage, augmentant leur vulnérabilité et entraînant un sérieux problème d’insécurité. Elles deviennent des proies faciles, exposées aux violences de certains clients et même des forces de l’ordre. De nouveaux réseaux criminels et proxénètes se forment ainsi, profitant de cet état de faiblesse.
Les associations et leurs programmes de prévention sur le terrain voient eux aussi un dramatique impact sur la santé publique année après année. N’arrivant plus à communiquer correctement, on observe une augmentation des risques en ce qui concerne les maladies sexuellement transmissibles. Les policiers eux même parfois, en confisquant les préservatifs des usagers et par leurs incivilités, prennent part à cette hécatombe silencieuse.
Nos structures associatives se doivent de réagir au plus vite pour bousculer l’opinion publique, assouplir cette loi, être un partenaire actif dans cette lutte. Il est de notre devoir d’aider les personnes souhaitant cesser de se prostituer, autant que celles désirant garder cette activité professionnelle. Nous devons trouver des réponses cohérentes et concrètes, sans se voiler la face, dans le respect de chacun, femmes, hommes, transgenres et transsexuel(les).
POUR CONNAITRE VOS DROITS... www.droitsetprostitution.org
